Le diagnostic clinico-radiologique de l'endométriose peut méconnaître certaines formes superficielles. Des biomarqueurs candidats dans le sang menstruel et plusieurs tests non invasifs sont à l'étude, mais restent à valider.
L’endométriose touche environ 10 % des femmes, mais son diagnostic reste souvent tardif, parfois plus de 10 ans après le début des signes. Dysménorrhées, douleurs pelviennes, dyspareunie, troubles digestifs ou urinaires et infertilité peuvent orienter le diagnostic, sans être toutefois spécifiques de la maladie. Dans ses recommandations actualisées en 2025, la Haute Autorité de santé (HAS) préconise une approche clinico-radiologique pour le diagnostic de l’endométriose, mais précise que certains phénotypes de la maladie, notamment les formes superficielles, peuvent ne pas être détectés. Dans ce contexte, plusieurs équipes recherchent, dans différents milieux biologiques, des signatures biologiques susceptibles de compléter le diagnostic.
En présence de symptômes évocateurs, le diagnostic repose en premier lieu sur l’interrogatoire et l’examen clinique. La HAS recommande ensuite une échographie endovaginale en première intention à la recherche de lésions annexielles ou profondes, notamment d’endométriomes ovariens et de localisations rectales. 
Une échographie négative n’exclut toutefois ni certaines atteintes profondes, telles que celles des ligaments utérosacrés ou des localisations extrapelviennes, ni une endométriose superficielle. L’IRM pelvienne est recommandée en seconde intention, lorsque l’échographie est négative ou douteuse chez une patiente restant symptomatique après l’échec du traitement médical. Elle peut être proposée d’emblée lorsque l’échographie endovaginale n’est pas réalisable. 
Mais même l'IRM n'est pas infaillible avec des fuax négatifs. Une partie de ces patientes relèveraient donc plutôt de biomarqueurs pour le diagnostic clinico-biologique.
Des milieux biologiques sont explorés dans cette indication, comme la salive. Le test salivaire Endotest analyse une signature de 109 microARN à l’aide d’un séquençage haut débit et d’un algorithme (3). Une étude multicentrique a rapporté une sensibilité de 95 % et une spécificité de 94 %. En France, Endotest, qui s’appuie sur le prélèvement salivaire réalisé par la patiente puis fait l’objet d’une analyse en laboratoire spécialisé, est disponible depuis 2025 dans le cadre du forfait innovation. Il est pris en charge à titre dérogatoire chez certaines patientes symptomatiques dont l’imagerie ne permet pas de poser le diagnostic. En parallèle, ce dispositif doit permettre d’établir son utilité clinique, avant d’envisager son remboursement, ce qui n'est pas encore avéré.
Cette année, les autorités de santé britanniques ont proposé l’utilisation encadrée de l’Endotest pendant 3 ans afin de recueillir des données supplémentaires. Elles ont également inclus dans cette proposition une autre technologie non invasive de diagnostic, l’EndoSure, qui détecte l’endométriose en mesurant l’activité myoélectrique gastro-intestinale à l’aide de capteurs abdominaux.
L'étude la plus récente émane d'une équipe réunissant des chercheurs de l’Inserm, de l’Institut Pasteur, de l’université Lyon 1 et du Centre Léon-Bérard, qui a étudié le sang menstruel comme source de biomarqueurs de l’endométriose. Celui-ci contient non seulement des cellules sanguines, mais aussi des cellules épithéliales, stromales, endothéliales et immunitaires provenant de l’endomètre. Sur le principe, cette étude semble pertinente compte tenu de la physiopathologie de l'endométriose.
Dans cette étude pilote, des prélèvements recueillis par coupe menstruelle auprès de 10 femmes âgées de 18 à 45 ans, dont 5 présentaient une endométriose profonde et 5 étaient des témoins, ont été analysés. Un séquençage de l’ARN à l’échelle de chaque noyau cellulaire et, parallèlement, une analyse globale de l’ARN du prélèvement ont été effectués. Malgré une forte variabilité de la composition des échantillons, les différences d’expression génique les plus nombreuses ont été observées dans les cellules épithéliales, puis dans les cellules stromales. Cinq gènes dont le signal restait détectable dans l’ensemble du sang menstruel ont été retenus comme biomarqueurs. Cette détection dans le prélèvement global est importante : elle laisse envisager, à terme, une analyse plus simple et moins coûteuse que le séquençage de chaque type cellulaire. Ces résultats préliminaires ouvrent la voie à de nouvelles techniques de diagnostic non invasives de l’endométriose à condition de réaliser des essais de plus grande ampleur permettant de vérifier la stabilité des marqueurs d’un cycle à l’autre ou d’une personne à l’autre, et de faire des analyses selon le phénotype de la maladie et l’exposition aux traitements.
Par ailleurs, un test sanguin est actuellement étudié : il consiste en une mesure sanguine de 3 microARN, 3 protéines et 1 hormone stéroïdienne. L’ensemble est analysé par un algorithme d’apprentissage automatique prenant en compte l’âge et l’indice de masse corporelle. Dans une étude portant sur 298 femmes, et après développement de l’algorithme chez 218 participantes (137 atteintes d’endométriose et 81 témoins), les performances du test ont été évaluées dans une cohorte indépendante de 80 femmes (40 cas et 40 témoins) : la sensibilité atteignait 80 % et la spécificité 97,5 %. De plus, le test a détecté 61,5 % des cas d’endométriose qui n’avaient pas été repérés par l’échographie endovaginale et/ou l’IRM. Des études prospectives plus vastes sont attendues afin de confirmer ses performances selon le stade de la maladie, la sévérité des symptômes et le contexte clinique.


Ref : JIM.fr Biologie 12/10/206